no.4 LE VIRUS DU NIL OCCIDENTAL PRÉSENT AU QUÉBEC
Le 17 juillet 2002.

CONTEXTE

Depuis son introduction en Amérique du Nord dans la région de New-York à l’été 1999, le virus du Nil occidental (VNO) s’est répandu dans l’Est des États-Unis, allant du Maine jusqu’en Floride, et sa progression se poursuit vers le centre du pays. On l'a même retrouvé au Texas. De nombreux cas d’infections humaines (149) dont 18 décès ont été reconnus dans ce pays jusqu'à maintenant.

Le VNO a également occasionné des pertes économiques pour l’industrie équine. En effet, plusieurs cas ont été répertoriés aux État-Unis chez les chevaux : certains ont succombé à la maladie, d’autres ont dû être abattus.

Depuis, le VNO a bel et bien fait son entrée au Canada, en Ontario d’abord en 2001 puis au Québec et au Manitoba, où on a confirmé sa présence en juillet 2002. En effet, le système de surveillance du virus du Nil occidental au Québec a rendu possible l’identification de ce virus chez des corneilles d’Amérique découvertes dans la région de Montréal. La détection précoce du virus en territoire québécois permettra de prendre les moyens appropriés visant la prévention de sa transmission.

LA MALADIE

L’encéphalite causée par le VNO est une zoonose virale transmise par les moustiques. Les oiseaux sont les hôtes naturels du virus, mais ils présentent rarement des symptômes, à l’exception des oiseaux de la famille des corvidés (corneilles, corbeaux, geais) qui sont plus sensibles. La maladie se transmet à un oiseau ou à des animaux d’autres espèces, y compris l’humain et les chevaux, par la piqûre d’un moustique s’étant contaminé en se nourrissant du sang d’un oiseau infecté. La plupart des humains infectés n’ont aucun symptôme ou présentent une infection légère qui ressemble à une grippe. Parmi ces personnes infectées, une sur 150 pourra développer une encéphalite; les personnes âgées ou immunosupprimées sont les plus à risque. Il n’y a pas de traitement spécifique ni de vaccin contre l’infection humaine. Les mesures généralement recommandées pour prévenir les piqûres de moustiques sont donc à promouvoir pour se protéger de l’infection par le VNO.

LA SURVEILLANCE

Plusieurs activités de surveillance touchant les oiseaux sauvages, les animaux domestiques et les moustiques ont été mises sur pied au Québec. Grâce à une campagne d’information soutenue, le nombre de signalements d’oiseaux sauvages trouvés morts ou moribonds par le public a augmenté considérablement.

On demande donc à la population de signaler rapidement les corneilles d’Amérique, geais bleus et grands corbeaux trouvés morts récemment en composant le numéro 1 800 463 2191 pour en aviser un préposé de la Centrale SOS Braconnage et ce, même si une cause de décès telle une collision avec un véhicule semble apparente. Les oiseaux de ces espèces pourront être récoltés par des inspecteurs du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) ou des agents de protection de la faune, puis acheminés au laboratoire du Centre québécois sur la santé des animaux sauvages (CQSAS) pour y être analysés. Cette précieuse collaboration s’ajoutera aux autres activités de surveillance qui se poursuivront tout au cours de l’été. Les opérations de surveillance et d’intervention sont le fruit d’un travail concerté du ministère de la Santé et des Services sociaux, du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, du ministère des Affaires municipales et de la Métropole, de la Société de la faune et des parcs du Québec, de Santé Canada et de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA).

MESURES DE PRÉVENTION

À titre préventif, à la suite de la découverte du virus au Québec, les Directions de santé publique des régions concernées, le cas échéant, de concert avec le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), renforceront la surveillance des moustiques et recommandent à la population d’utiliser les mesures habituelles de protection pour éviter les piqûres de moustique :

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éliminer les sites potentiels de reproduction de moustiques en asséchant l’eau stagnante qui s’accumule dans les bassins, les mares, les vieux pneus, les abreuvoirs d’oiseaux, les réservoirs d’eau de pluie, les jouets d’enfant, etc. ;

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installer une moustiquaire en bon état aux portes et aux fenêtres des maisons, aux tentes et aux abris de camping, etc. ;

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porter des vêtements tissés serrés, longs et de couleurs claires, sans oublier les bas, les souliers et le chapeau lors de la pratique d’activités de plein air ;

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utiliser les répulsifs (comme le DEET) sur les parties du corps non protégées par des vêtements tout en suivant les recommandations d’usage.

Concernant les animaux domestiques, plusieurs encéphalites sont à déclaration obligatoire au Canada, telles la rage, la maladie de Newcastle chez les oiseaux, et, chez les chevaux, les encéphalites équines de l’Est et de l’Ouest. Conséquemment, les mammifères et les oiseaux domestiques présentant des signes neurologiques compatibles avec ces maladies doivent être référés à l’ACIA. La recherche du VNO pourra alors être effectuée chez les chevaux et les oiseaux domestiques élevés à l’extérieur si aucune de ces maladies à déclaration obligatoire n'était confirmée. On peut communiquer avec le bureau de district de la Santé des animaux de l’ACIA de sa région pour toute information à ce sujet.

PRÉVENTION CHEZ LES CHEVAUX

Comme pour les humains, la clé de la prévention pour la transmission de la maladie chez les chevaux se trouve dans le contrôle des populations des insectes piqueurs, d’une part, et dans la réduction de l’exposition des chevaux aux piqûres d’insectes, d’autre part.

On peut réaliser ces conditions en adoptant des mesures telles que l’utilisation de moustiquaires là où c’est applicable; garder ces chevaux à l’intérieur aux heures de plus forte activité des moustiques, à l’aube et au crépuscule (on sait cependant que certains moustiques sont actifs tout le long du jour); utiliser des répulsifs.

De plus, la Section des produits biologiques vétérinaires de l’ACIA a accordé un permis conditionnel pour un vaccin équin contre le virus du Nil occidental. Les médecins vétérinaires peuvent s'en procurer en appelant Mme Caroline Sévigny au Service à la clientèle chez Ayerst (1 800 265 7200) car ce produit ne peut être vendu par un grossiste. Il est toutefois important de signaler que les chevaux vaccinés pourront développer des anticorps contre le VNO, lesquels peuvent affecter leur admissibilité à l'exportation vers des pays qui exigent des tests sérologiques négatifs aux épreuves de dépistage pour le virus.

INFORMATIONS SUPPLÉMENTAIRES

Pour toute interrogation concernant le VNO et la santé humaine, on peut contacter Info Santé à son CLSC. Il est également possible d’obtenir des dépliants d’information générale en communiquant avec la Direction du service à la clientèle du MAPAQ, au (418) 380 2120 ou au 1 800 463 5023. Enfin, on peut trouver quantité d’informations concernant le VNO sur les sites Internet de Santé Canada, de l’ACIA, et du ministère de la Santé et des Services sociaux notamment, aux adresses suivantes :

http://www.hc-sc.gc.ca/pphb-dgspsp/wnv-vwn/index_f.html

http://www.inspection.gc.ca/francais/anima/heasan/disemala/wnvf.shtml

http://www.msss.gouv.qc.ca

Préparé par Dre Anne Drolet, m. v.
Coordonnatrice secteur équin

téléphone : (418) 380 2100 (poste 3563)
télécopieur : (418) 380 2162
courriel : Anne.Drolet@agr.gouv.qc.ca

Personne-ressource : Dre Chantal Vincent, m.v., M.Sc.
Coordonnatrice aux zoonoses

téléphone : (418) 380 2100 (poste 3110)
télécopieur : (418) 380 2169
courriel : chantal.vincent@agr.gouv.qc.ca

Le 17 juillet 2002.

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